William L'épopée

Chapitre 1

Chapitre 1: Un choix difficile… ou pas.

Je me réveilla, clignant des yeux à cause du soleil juste au dessus de moi. J’étais allongé sur le dos. Ayant du mal à remettre mes idées en place.

‘Qu’est-ce que je faisais allongé en plein bois déjà. Ah oui l’orage, l’éclair! Je suis en vie!! Une seconde, vérifions mon état.. Bras, ok je peux les bouger.. Jambes, idem je les sens..Essayons de se relever.. Parfait. Ouch!’

Je vacilla sous la douleur de mes courbatures. Vraiment une mauvaise idée de dormir avec son armure, sans parler du bouclier dans le dos. Enfin au moins tout à l’air en état, pas d’autres douleur.

J’avais un peu de boue sur mes pieds, et je suppose que dans le dos aussi. Je retira mon heaume histoire de respire un peu d’air frais et de vérifier son état. Un éclair ça doit quand même faire des dégâts nan? Ben non, aucune trace sur mon heaume, ni sur mon armure d’après ce que je peux voir…Bizarre…  En parlant de bizarrerie le sol est totalement sec alors qu’il pleuvait hier, je suppose que j’ai été évanoui toute la fin d’après-midi d’hier jusqu’à ce matin d’après la position du Soleil qui était au milieu de sa course dans le ciel. L’orage n’avait pas du durer longtemps je pense.

‘Ouai bon pas tout ça faut que je rentre, mon père a du s’inquiéter de mon silence radio d’hier soir, je devais l’appeler pour lui raconter ma journée… Après tout c’était lui qui m’avait payé mes nouveaux équipements… Rah arrêtons de se mentir cela n’a pas du le déranger du tout l’absence d’appel.’

Je mis mon heaume sous le bras et essaya de me souvenir de par où j’étais venu… La végétation me sembla un peu étrange, me souvenait pas que ce genre d’arbres poussaient par ici. J’étais incapable de me rappeler le chemin que j’avais pris. Je mis en route vers l’ouest là où se couche le Soleil. Comme ça j’étais sûr de ne pas me perdre, enfin pas trop en tout cas.

Je ne mis pas longtemps à croiser un sentier. La chance était avec moi. Après je le prends dans quelle direction? Sud ou Nord? Il me semblait me souvenir que le bois était positionné au Sud du grand village où était mon hôtel. Va pour le Nord du coup. Au pire je débarque dans un coin inconnu et les gens me regarderont bizarrement.

Le sentier était un large chemin de terre battue, lui aussi totalement sec, je dirais même craquelé par la chaleur de la journée. Il faisait sacrément chaud je suais à grosses gouttes dans mon armure, heureusement une petite brise soufflait dans mon dos et il y avait la fraîcheur du bois. Sinon je ne sais pas si je survivrais jusqu’à retourner à la civilisation.  Le chant des oiseaux étaient plutôt agréables en tout cas.

Soudain une envie pressante me vint. La galère. Grand défaut d’être dans une armure de ce genre. J’enleva tant bien que mal mes gantelets, et je trima pour enlever la pièce de métal protégeant mon entre-jambe avant de quitter le sentier pour me soulager. En évitant d’en mettre partout, plus facile à dire qu’à faire vu tout ce que j’ai sur le dos croyez moi. Je remis tout en place et repris mon heaume sous mon bras gauche.

Cela me fit penser, je ne pouvais pas enlever mon armure tout seul, même si je le voulais! J’espère vraiment trouver un lieu habité avant de mourir de déshydratation. La sortie du bois était toute proche, la lumière s’accentuait devant moi et je vis bientôt le sentier déboucher au milieu d’une prairie en fleurs. Belle vue. D’ailleurs l’air que je respire aussi est agréable. J’avais l’impression qu’il lui manquait quelque chose. Mais j’étais incapable de mettre le doigt dessus.

C’était déjà bon signe en tout cas, après tout j’étais hors de la petite forêt, et sur un chemin. Le chemin menait certainement à un village, ou au pire à une habitation. Je continua mon chemin, cela aurait été une bonne balade sans le poids de ce que j’avais sur le dos. Cela devait faire une petite demi-heure que je marchais depuis mon réveil.

‘Ah le con! J’ai mon portable sur moi, dans la bourse ou plutôt petite sacoche accrochait sur mon côté gauche. Comment j’ai pu oublier?!’

Je le pris rapidement, et essaya de repérer où je me situais via la carte gps intégrée.

‘Ah merde! Pas de 3G ni de réseau du tout, c’est bien le moment…. Au fait il n’aurait pas du griller par la foudre ce téléphone?! Ou j’ai rêvé et en fait en tombant je me suis assommé?’

Dans tous les cas faut que je trouve quelqu’un pour m’aider à enlever cette armure. Et surtout à mon retour une douche bien froide sera la bienvenue. Je transpire comme un boeuf là-dessous.

‘Hum, quel est ce bruit… un bruit d’écoulement… Un ruisseau?’

Je quitta le sentier pour avancer vers la direction du bruit, une petite butte et des arbres me cachait la vue. Je vis attention à ne pas marcher dans un trou pas facile de voir avec cette herbe sauvage qui m’arrivait aux genoux, voir à la hanche. Ce n’était pas un ruisseau, mais plutôt une rivière. L’eau n’avait pas l’air pollué contrairement aux fleuves et aux rivières que j’avais vu. Après on était dans le sud du pays, là où il y a moins de pollution. Mais quand même la clarté de l’eau était surprenante. On aurait dit de l’eau source comme dans les bouteilles s’il n’y avait pas la présence de végétation à certains endroits et diverses bestioles.

‘Oh un poisson! Je boirais presque de cette eau… Mais mauvaise idée, je risque de chopper quelque chose si je le faisais. Juste une petite gorgée peut être.’

J’abaissa ma capuche de maille, et puis ma cale gambisonnée qui empêchait le métal de me blesser, et surtout amortissait les chocs que je pouvais recevoir. J’aurai du faire ça dès le début, mais c’est gênant quand je marche. Mes cheveux étaient poisseux, trempés par la sueur. J’enleva aussi mes gantelets articulés. Puis mes gants de cuir. Je m’aspergea le visage d’eau pour me rafraîchir, c’était sincèrement divinement bon après autant d’heures à suer avec mon armure. Je m’humecta un peu la bouche qui commençait à être un peu desséchée. Je pris un tissu qui se trouvait dans ma sacoche, à la base j’avais enveloppé mon portable avec pas mal de tissus pour le protéger d’éventuels coups. J’essuya l’eau sur mon visage et sur mon équipement. Même si mon armure était traitée anti-rouille avoir l’intérieur mouillée n’était clairement pas agréable, j’en avais déjà assez avec mon dos trempé par ma transpiration.

Je remis tout en place et repris ma route après ma petite pause. J’étais un peu en meilleure forme maintenant. Le sentier suivait la rivière un peu à l’écart, séparé par une petit butte et la rangée d’arbres. La butte devait empêcher les débordements du cours d’eau je pense. Le terrain était plutôt plat d’après ce que je voyais. Cependant quelque me chiffonnait, il ne me semblait pas qu’il y avait une rivière près du lieu de l’événement. C’était curieux, ou ma mémoire me jouait des tours. Soudain un cerf apparut devant moi venant du côté du cours d’eau, puis il s’enfuya vers la forêt à travers la prairie après m’avoir aperçu. Une atmosphère paisible.

Je continua de marcher une bonne heure. Toujours pas de réseau sur mon téléphone portable. Ce qui était plutôt étrange, après tout la région était bien couverte par mon opérateur. Finalement peut être que la foudre avait déréglée quelque chose. Ou alors j’étais vraiment dans un trou de la couverture réseau. J’aurai bien aimé mettre un peu de musique mais je devais économiser la batterie au cas où. Mon ventre gargouilla, je n’avais rien mangé depuis hier midi.

‘Oh des moutons, il n’y a pourtant pas de clôtures, ils se baladent comme ça dans la prairie?!’

Les moutons se dispersèrent à mon approche. Puis se remirent à mâchonner l’herbe. Au bout de plusieurs minutes je commença à entendre une drôle de clameur en face, je ne pouvais pas voir devant moi car une colline bouchait la vue, et diminuait le son, le sentier semblait la contourner. J’avais l’impression de distinguer des cris et le bruit du métal percutant le métal.

‘J’ai retrouvé l’événement et ils sont en pleine simulation?’

J’accéléra le pas et tourna au pied de la colline. Un petit village apparut devant moi, je ne sais pas combien de maisons il y avait. Mais en tout cas les organisateurs avaient mis le paquet cette année. Les maisons étaient typiques du début du premier millénaire. Toits en paille, quelques fois en ardoises bien que rarement, les murs étaient en bois et en torchis, la plupart sans étage, sauf les bâtiments vers le centre du village d’après ce que je distinguais. C’était difficile de bien voir les maisons étaient un peu éparpillées sans plan ordonné. Même le sentier sur lequel j’étais semblait tourner après la première maison. Cela devait certainement être filmé je suppose, pour faire autant. Bizarre que je n’en avais pas entendu parler de cette reconstitution. Elle est sacrément bien faite.

Les cris étaient bien plus distincts, ainsi que le bruit des affrontements. J’atteins la bordure du village. J’hésitais à entrer, j’avais peur de gâcher la reconstitution.

‘Bah au pire je m’excuserais et m’éloignerai discrètement. Juste besoin de trouver les spectateurs pour qu’ils m’aident à enlever ce fatras…’

J’entra dans le village. Jetant un œil aux maisons je me rendis compte que les détails étaient vraiment poussés jusqu’au bout. On n’avait pas du tout l’impression qu’elles avaient été faite via des moyens modernes. Même les volets de bois des quelques ouvertures et les portes étaient en bois grossièrement faits. Certaines portes étaient enfoncées… Soudain j’aperçue le premier cadavre.

C’était clairement pas un figurant, ni un mannequin. La tête était enfoncée, le cerveau avait giclé, une marre de sang. Un homme d’après la forme du corps. J’avala ma salive et la bile qui était remontée. J’aurai vomi si j’avais quelque chose dans l’estomac. L’odeur du sang était très forte. Quel était le malade mental qui avait ça. D’après ce que j’apercevais cela avait du être fait par une hache ou une arme de ce style. L’homme était habillé d’une tunique avec un pantalon, des sabots à ses pieds. Mauvaise idée de continuer d’avancer je pense. Les flics ont du être appelé, et s’ils me voient dans cette tenue, je risque de passer un sale quart-d’heure. Je m’apprêtais à retourner d’où je venais en attendant que la situation se calme quand j’entendis des cris tout près de moi.

Un homme dans la fin de la trentaine était entrain de courir vers moi avec dans chaque main un enfant. Un gosse qui devait être en primaire, et une jeune fille qui venait certainement d’entrer au lycée. L’homme et le petit garçon portaient le même genre de vêtement que le corps près de moi, et la fille était vêtue d’une robe longue qui la ralentissait pendant qu’elle courait. Devant eux un homme dans la mi-vingtaine armé d’une hache dans la main droite, dégoulinante de sang, et dans la main gauche une vieille dague rouillée. Il était vêtu d’un genre de gambison et d’un pantalon avec à ses pieds des chaussures de cuir.

« Eanne prends le petit et enfuis toi pendant que je m’occupe de ce bandit, je vous rattraperais! » Cria l’homme à sa fille(?) en lâchant sa main et lui passant son frère(?).

« Oui, père! » Répondit Eanne les larmes aux yeux.

Le bandit s’élança soudain en avant et plongea sa dague dans la gorge du père qui s’était avancé pour essayer de plaquer le brigand.

« Ne pensez même pas à vous enfuir, j’ai été positionné ici pour éviter qu’il y ai des survivants, tout le monde doit périr! » S’exclama-t’il en retirant la dague du corps.

« Mais cela ne va pas m’empêcher de m’amuser un peu avec une si jolie demoiselle » finit-il en léchant le sang se trouvant sur la lame.

La jeune fille s’écroula sur ses genoux serrant son frère dans ses bras, désespérée. Tout c’était déroulé en moins d’une minute. Je n’ai pu faire qu’observer.

‘Merde, merde, merde, il faut que j’intervienne!!’

Je dégaina la dague de mon côté droit et la lança vers le dos du tueur avec la main gauche, ma main droite tenait toujours mon heaume.  La dague s’enfonça jusqu’à la garde, le bandit s’écroula sans un bruit.

‘Mes heures de pratique de lancer de lame n’ont pas été vaines, j’ai bien fait de m’entraîner aussi bien avec la droite qu’avec la gauche!!’

Je m’approcha en courant des deux jeunes effrayés. Sortie la lame du corps, et l’essuya soigneusement sur les vêtements du bandit. Essayant de ne pas penser à la vie que je venais d’éteindre.

« Vous allez bien? Je suis désolé je n’ai pas pu réagir assez vite pour sauver votre père… » Dis-je d’une voix triste. J’étais un poil, beaucoup perdu par les événements.

« Merci » Sanglota le petit garçon.

« Vous n’êtes pas avec les pillards? Vous devez être avec le seigneur et les hommes qui se sont arrêtés ici vers midi? »

« Désolé jeune fille, je ne sais pas de quoi tu parles je viens de la forêt.. » Dis-je commençant à paniquer. ‘Seigneur? Pillards? De quoi elle parle??? Elle est réagi bien trop calme pour une fille qui vient de voir son père se faire tuer devant elle?! J’ai l’impression que les rôles sont inversés?! Moi qui panique et elle qui essaie de me calmer!’

« Le village est attaqué par un groupe de pillards, le seigneur et ses hommes essaient de le défendre, avec les villageois rassemblés vers la place centrale, mais ils sont en sous-nombre. Une question de temps avant que tous les villageois se fassent massacrer. Nous nous étions cachés pour nous enfuir pendant que les bandits étaient occupés… »

« Désolé si ça peut paraître étrange mais où sommes-nous et dans quel pays? »

‘Je ne sais pas pourquoi, en fait si je le sais, c’est cette foutue situation, mais je pense que je ne suis pas du tout là où je pense être’

« Pardon? Le village s’appelle Prorêt, il appartient au domaine Réa du Lord Atoyama » Répondit-elle étonnée.

‘What!!! C’est quoi ce bordel, je suis où là??’

« Quel continent? » Demandai-je d’une petite voix.

« Dahaho, messire vous allez bien?? » Dit-elle inquiète.

‘Oh merde je suis carrément pas sur Terre!!! C’était quoi ce foutu éclair!!! En prime je suis au beau milieu d’un village qui se fait piller… Par contre me faut une idée pour expliquer que je ne sache rien de rien…hum ah je sais!!’

« Oui ça va, enfin plus ou moins. Je me suis réveillé en forêt en ne me rappelant de rien mis à part mon nom… Je me nomme William, et toi c’est Eanne c’est cela? Et le petit? »

« Guro. Vous pouvez nous aider? Vous êtes un guerrier non? Je vous en supplie » Dit-elle en s’accrochant à moi, les yeux plein d’espoir.

‘Me battre? Je suis qu’un jeune riche?! Je viens de dire que j’étais amnésique elle me demande de les aider?! C’est quoi ce monde?!… Je veux fuir et elle me demande de me battre?! Est-ce même un choix à faire?! Oh c’est vrai j’ai l’air d’un preux chevalier en armure comme je suis maintenant… Chevalier?’

*

Soudain je me rappela mon enfance, quand ma mère me lisait ces histoires de preux héros défendant le faible et l’opprimé. Me racontant tout ce que devait représenter un vrai chevalier.

« Willy, qu’elles sont les vertus d’un brave chevalier? » Me demandait-elle à chaque fois avant de me mener au lit.

« Loyauté,  prouesse, sagesse, noblesse, défense, justice, foi, humilité et enfin franchise »

« Il t’en manque une sais-tu laquelle? »

« Ah oui le Courage! »

« Bon garçon, tu promets à maman que tu t’en souviendras? »Me disait-elle en me caressant les cheveux.

« Oui, promis! Je serais toujours ton chevalier! »

« Maman t’aime Willy. » Me murmurait-elle avant d’embrasser mon front.

« Moi aussi Maman! Bonne nuit. » Je répondais la serrant fort contre moi.

« Oui bonne nuit, trésor. »

Le lendemain matin, j’allais toujours la réveiller pour passer le petit-déjeuner avec elle. Mon père était déjà partie à son travail, quand il rentrait à la maison. Ce qui était rare en semaine.

Un jour ma mère ne se réveilla pas.

*

Je revins au présent, regardant dans les yeux cette jeune fille suppliant que je l’aide.

‘Temps d’être un vrai chevalier? De se montrer héroïque et sauver le village en danger? Les armes du tueur ne m’ont pas l’air de bonnes qualités et vu comme je suis vêtu je ne risque pas grand chose. Si je peux sauver le village j’aurai au moins un toit… Au pire je pourrais toujours fuir avec ces deux-là….’

Repensant à ma chère mère et à ce qu’elle me dirait, je pris mon courage à deux mains et inspira fortement.

« Je vais voir ce que je peux faire pour ces pillards, prends cette dague et vas te cacher dans cette maison là-bas avec ton frère, je viendrais vous chercher quand tout sera fini. Si je ne peux rien faire, je vous emmènerais avec moi dans ma fuite. D’accord? » Dis-je en lui tendant une de mes dagues.

« Vous êtes sûr, ils sont nombreux!! Vous feriez mieux de vous enfuir, prenez-nous juste avec vous!! » S’exclama-t’elle.

J’hésita, repensa à ce qu’était ma vie et mes désirs quand j’étais petit, et même en grandissant. Je mis mon heaume, déboucla mon bouclier et dégaina mon épée de guerre. Drôle de nom pour une épée, après tout une épée est faite pour la guerre. J’inspira profondément et avança vers la provenance des cris et du fracas de la bataille.

‘Temps de mériter cette armure, et de vivre selon ses idéaux! C’est maintenant ou jamais de montrer ce que je vaux vraiment!’

« Oui, je suis sûr, après tout je suis un chevalier! » M’exclamais-je.

Elle me regarda d’un air étonnée, pendant que j’avançais vers eux.


Chapitre 2

 

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