William L'épopée

Chapitre 8

Chapitre 8: L’équitation.

Vers midi, quand le Soleil était à son apogée, on retourna chez Eanne et Guro, manger. Là-bas nous attendaient Dard, ses sœurs et Gilas, d’après ce que je compris Gilas avait lui aussi ramené ses affaires. Les chambres étaient plutôt grandes, donc les 4 garçons ne seront pas trop serrés je pense. Mais je me sentais un peu mal de monopoliser une chambre à moi seul… Pendant qu’Eanne et les deux jumelles préparaient le repas, je tailla 4 nouvelles épées en bois pour l’entraînement du lendemain. Tandis que Gilas et Dard écoutaient les explications de leurs petits frères en lisant les feuilles que j’avais rédigé. J’étais un peu étonné qu’ils sachent tous les deux lire, pour moi une société ancienne égalait une mauvaise alphabétisation de la population… Préjugé? Ou alors ils sont l’exception dans ce village? On était sur le point de manger quand quelqu’un frappa la porte. Je me leva et alla ouvrir. Un simple soldat, nerveux et agité, se tenait sur le seuil de la porte.

« Excusez-moi de vous déranger Messire, j’ai stationné le chariot que le jeune Seigneur vous prête pour le voyage. Les biens obtenus par les pillards ont été stocké dedans. Mon camarade a détaché les bêtes et les mène à la pâture où il y a vos chevaux. Bonne journée Messire. »

« Bonne journée, Soldat. »

Et aussi vite que cela il repartit. Il devait être pressé je suppose. Je me demande quel tête a le chariot. Je me dirigea vers l’endroit où il était stationné. Un chariot d’une longueur de 6 ou 7 mètres se tenait devant moi, de grandes roues, une toile blanche en arc de cercle le recouvrait. Il me faisait penser à ces chariots qu’on voyait dans les films sur le Far West. Oye c’est pas un anachronisme ça? Hum faut croire que non. Je jeta un œil à l’intérieur, soigneusement rangées se trouvaient les caisses que j’avais inspecté hier. Avant d’aller voir les chevaux il faudra que je pense à sélectionner des armes pour tout le monde, qu’ils soient tous équipés pour le voyage, notamment Gilas et Eanne. Cela leur fera un bon exercice de chevaucher armé.

Je retourna à l’intérieur. On mangea tranquillement le repas, j’aperçue un ou deux regards surpris quand après avoir fini de manger, je complimenta les cuisinières. Mais bon je commençais à en être usé. Après que tout soit nettoyé nous sortîmes pour nous diriger vers le pré. Je donna à Guro comme à l’habitude mon heaume et mes gantelets, et je demanda à Gilas et Eanne de chacun prendre une selle, tandis que je prenais la troisième. Et avec tout ce petit monde me suivant, je marcha vers le pré. Nous y attendais un groupe d’une quinzaine de personnes, je m’attendais à plus de monde, mais après avoir réfléchit deux secondes… Les autres devaient être blessés suite au violent affrontement. Le groupe nous dévisagea surpris, étonnés.

Certainement compréhensible, notre troupe avait une apparence assez disparate et incongrue. Une jeune fille de 15 ans avec de long cheveux châtain-roux, les yeux bleus habillée en homme, qui était plus que mignonne. Deux petites filles qui se ressemblaient comme deux gouttes d’eau, aux cheveux blonds et yeux bleus, elles aussi étaient habillées en homme. Elles s’étaient changées peu avant le repas. Leur frère aîné avec un bras cassé en bandoulière, lui aussi cheveux blonds et yeux bleus. Guro même chevelure et yeux que sa sœur, sa version mâle. Puis les deux derniers Gilas et Rul l’un étant la version plus jeune de l’autre. Tout ce petit monde excitait à l’idée de voir et monter à cheval. Et c’était sans oublier moi, certainement l’apparence la plus surprenante, cheveux bruns et yeux verts, avec une armure complète en plates sur le corps.

« Bonjour, Soldats aujourd’hui je serais votre instructeur, Chevalier William Malas! » Me présentai-je au groupe. »Je vais tout d’abord vous faire une démonstration, observé mes gestes pour ensuite les imiter. Cela faut aussi pour vous. » Finis-je en me tournant vers mon groupe.

Sans leur laisser le temps de répliquer je passa la selle que je portais à Rul, et entra dans le pré. Je me dirigea immédiatement vers un cheval, une jument, qui me semblait d’une nature calme, douce et solide. Je saisis ses rênes, et commença à la caresser pour qu’elle s’habitue à ma présence qui semblait la perturber. Je demande à Gilas de venir vers moi avec la selle qu’il portait. Je lui passa les rênes et lui pris la selle des mains. Je lui fis caresser la jument, il avait un sourire jusqu’au oreille. Je flatta l’encolure de la bête, puis posa une couverture sur le dos, que je portais alors sur mon épaule. Je mis ensuite la selle, puis serra les sangles. La jument resta impassible. J’ajusta les étriers en cuir, passa un de mes pieds dans une des boucles, et d’un mouvement fluide grimpa sur son dos, puis mis mon autre pied dans le second étrier. Je pris alors des mains de Gilas les rênes et lui demande de s’éloigner. La jument s’était un peu tendu à cause de mon grand poids, je la flatta. Ensuite je la fis avancer tranquillement vers la barrière où se trouvait les observateurs. ‘Il semble que le dressage des cheveux est fait d’une même façon sur tous les mondes’ pensais-je avec un petit sourire.

Quand j’arriva près d’eux je me mis en parallèle avec la barrière. Je pointa alors du doigt l’étrier en face d’eux.

« Cet objet s’appelle un étrier, il permet de reposer son pied, et surtout facilite grandement la monte d’un cheval, et sa stabilité à cheval. Cet un objet très pratique que nous utilisons là d’où je viens. Avec ça n’importe quel cavalier débutant peut tirer à l’arc à cheval, ou effectuer les actions que seul un cavalier professionnel pourrait faire sans. Cela consiste en simplement une boucle de métal de chaque côté de la selle, ajustable via la lanière de cuir. Une boucle en cuir fonctionne aussi, mais c’est moins pratique. Avec ça il vous suffit juste de monter en selle, et vous n’aurez aucun soucis pour le reste, cela viendra rapidement. » Dis-je au groupe buvant mes paroles. Je fis prendre à ma monture un petit trot profitant de la sensation de monter à cheval un petit moment. Avant de revenir au niveau de Gilas, et de démonter.

« C’est à ton tour maintenant. »Dis-je avec un sourire. Je lui expliqua tranquillement comment diriger le cheval. Lui fit répéter, et une fois qu’il avait retenu, lui tînt les rênes pendant qu’il monta. Il eut un peu de mal, mais la jument ne bouge pas d’un pouce. Je lui passa les rênes. Et le regarda ensuite essayer de se faire obéir par sa monture, le corrigeant quand il le fallait ses gestes ou sa posture. Il saisit rapidement et commença à se débrouiller correctement. Je laissa à son bonheur et me tourna vers le reste du groupe.

Je fis aligner tout ce petit monde en trois colonnes égales, puis pris la selle des mains d’Eanne. Je me tourna vers une autre monture de même nature que la jument précédente. Et l’équipa de la selle. Je fis alors signe au premier soldat de la colonne de gauche, et procéda de la même façon avec lui qu’avec Gilas. Il eut un peu plus de mal, mais finit par s’en sortir. Je me tourna vers Rul qui me passa la selle, et je procéda de la même façon avec une autre monture. Je rappela Gilas qui semblait avoir totalement pris goût à l’équitation, pour qu’il laisse le tour à une autre personne.

Cette formation de groupe continua ainsi durant une grande partie de l’après-midi. Je fis tout de même très attention quand ce fut au tour des plus jeunes, afin d’éviter qu’ils ne se blessent, mais il n’y eut pas de soucis. Ils finirent tous avec une tête d’idiot finit remplie de bonheur. Je montra aux différents soldats comment faire de sommaires étriers de cuirs, et leur conseilla qu’une fois rentré de procéder à la fabrication d’étriers en métal. Je leur demanda d’apprendre à ceux qui ne pouvaient être présent l’utilisation de cet objet. Ils hochèrent la tête avec enthousiasme. Chaque fois qu’un soldat avait fini son tour, et que j’avais fini de lui expliquer et de résoudre ses questions, essentiellement sur comment équiper et prendre soin de son cheval, il repartait à grand pas. Certainement pour pratiquer avec sa propre monture, d’après les yeux excités et le grand sourire qu’ils faisaient tous. Ils m’avaient tous remerciés avec beaucoup de joie, tellement que j’en étais très gêné, rouge pivoine. Je fis pratiquer mon propre groupe une fois les soldats jusqu’à ce qu’il se fasse tard. Je les fis alors desceller et ranger l’équipement utilisé.

Au moment où nous étions sur le point de partir le forgeron arriva à notre hauteur menant par la bride le hongre qu’il avait équipé du prototype de selle avec étriers en métal. Et qu’il avait aussi ferré. Il me demanda quels autres chevaux je voulais faire ferrer avant mon départ, vu qu’il n’avait pas le temps de tous les faire en plus de la barde que j’avais réclamé. Je lui montra les deux hongres qui me semblait convenir pour Gilas et Eanne. Je lui demanda aussi d’ajuster trois autres brigandines pour les jumelles et Dard. Il hocha la tête et entra dans le pré prendre un des hongres avec lui, disant un son fils de prendre une des selles. Je demanda à Rul de l’accompagner avec une deuxième selle, et à Gilas de prendre l’autre monture, pour la conduire à la forge. Je demanda alors au reste du groupe de rentrer sauf Guro, qui resta tenir la bride pendant que j’enfilais mon heaume et mes gantelets. Je flatta l’hongre que le forgeron m’avait passé. Puis le monta. Je pris les rênes des mains de Guro, et lui demanda de m’attendre pendant que je faisais un petit tour. L’hongre renâcla un peu sous mon poids, frappant le sol de ses sabots. Je le fis avancer puis prendre progressivement de la vitesse. Je savourais la sensation de galoper. Malgré mon poids, l’hongre avait de l’énergie à refendre, une belle bête fougueuse et rapide. Une monture idéal. Je passa un moment à monter le cheval, puis revint sur mes pas, flattant la bête. Son nom lui était tout trouver, ‘Impétueux’ lui ira comme un gant.

Je rentra ensuite avec Guro, quand on arriva, le groupe était tous entrain de pratiquer le maniement de l’épée. Même Dard dont le bras gauche était cassé, il s’exerçait avec Eanne qui lui expliquait les mouvements qu’elle avait saisi. Je pris le relais pour qu’Eanne puisse pratiquer avec Gilas, et Guro faire de nouveau la paire avec Rul. Dard se concentra grandement, essayant de ne pas répéter ses erreurs. Il progressait rapidement malgré l’état de son bras. Au bout d’un moment Eanne et les filles stoppèrent et rentrèrent pour rentre préparer le repas. Je mis Dard avec Gilas et rentra moi aussi. J’avais beaucoup de choses à écrire avant qu’il ne fasse noir. Je voulais mettre sur papier tout ce que je savais de la fabrication et l’utilisation du fer et de l’acier, avant d’oublier des détails. Ah et réfléchir à l’écriture d’un petit livret de médecine, enfin ce serait plus un guide de premier secours vu l’étendue limitée de mes connaissances dans ce domaine. Ce sera toujours ça.

Le lendemain, après la baignade du matin, je fis couper du bois par les trois garçons. J’avais repéré une sorte de cuve en bois, qui était assez grande pour s’y laver. J’avais dans l’idée de nous faire prendre un bain chaud ce soir cela me manque, cela fera certainement plaisir aux filles…. Bien sûr chacun son tour. Je fis mettre à l’entraînement tout le monde une fois la tâche effectuée. J’avais dans l’idée de répéter le schéma d’hier. Le matin entraînement au combat, le début d’après-midi monter à cheval, et de nouveau entraînement au combat en fin d’après-midi, c’était un bon programme, d’après moi. Les pauvres recrues par contre semblaient grogner un peu en se frottant les fesses et autres endroits courbaturés.

Je sélectionna les meilleures épées disponibles parmi mes prises, elles étaient de tailles plutôt variées, et même si je dis épées, il y avait des glaives, des épées bâtardes, des épées courtes, etc… Je sélectionna en fonction de la taille et l’âge pour que ce ne soit pas disproportionné. Rien qu’imaginer l’image incongrue d’un gosse de 8 ans brandir une épée de plus d’un mètre, me faisait éclater de rire. Hum soyons sérieux, je pris aussi un bouclier pour chacun, heureusement je n’en manquais pas, même si certains étaient en très mauvais état suite à mes frappes. Je pris aussi une lance pour Gilas et Eanne, malheureusement un simple manche de bois contrairement à la mienne qui était entièrement en fer. J’hésita devant les deux cuirasses de bronze, franchement lourde et encombrante. Puis me décida à les passer à Gilas et Dard. Dard malgré son bras cassé ne devrait pas avoir de mal à l’enfiler et la portée. Je mis toute ma sélection dans une caisse, mis à part les lances trop gênantes à portée et pas utiles pour l’instant.

Je testa le poids, je comptais demander de l’aide à Gilas pour la portée vu qu’il semblait le plus musclé du lot de loin. Mais après avoir vite fait testé le poids, je me rendis compte que ce n’était pas si lourd. Peut être 20 kilos, je m’attendais à ce que ça dépasse allègrement les 60 kilos. Il faut croire que ce n’est pas si massif que ça. Mais je ne me fie pas trop à ma notion de poids, elle est clairement brouillée depuis que je suis ici. J’ai l’impression que tout est bien plus léger que ce que à quoi je m’attends. C’est franchement une drôle de sensation. Comme quand vous voulez soulevez un poids en fonte, vous préparez toute votre force pour cela, puis une fois que vous le saisissez vous vous rendez compte que ce n’était que du plastique. C’est un peu ce que je ressens quoique je soulève. Enfin au moins les sensations de mon armure et mes armes n’ont pas changé elles.

Je pris la caisse à deux mains et la souleva, avec un petit ‘hufff’,  même si ce n’était pas aussi lourd que ce que je pensais, cela faisait quand même un certains poids à porté. Je croisa sur la route une petite patrouille de 5 hoplites, qui me regardèrent avec une expression de stupéfaction totale. Ils ne devaient pas m’avoir vu, ni entendu parler de moi. Je les salua tranquillement en passant, ils se contentèrent de m’observer. Leurs uniformes n’étaient pas le même auquel j’étais habitué, ils avaient un emblème en forme d’aigle, je crois, sur leurs boucliers. L’emblème de la province de Réa? Je me demande quel est celui de la province d’Arnua. Il faut d’ailleurs que je réfléchisse à un symbole pour mon futur ordre, et un nom aussi. Hum je vais juste conserver la Fleur de Lys pour le symbole, après tout c’était l’emblème de rois de France. Pour le nom je n’ai pas vraiment d’idée. Je ne suis pas réellement bon pour nommer les choses quand j’y réfléchi. Le petit chat gris que j’avais petit je l’avais nommé ‘Grisnou’, ouai vous devinez juste contraction du mot ‘Gris’ et du mot ‘Minou’. J’ai envie de sortir l’excuse de ‘J’étais petit à l’époque’. Mais je ne pense pas que je me sois beaucoup amélioré depuis.

J’arriva au niveau de mes jeunes disciples et les appela. Ils me regardèrent un peu bizarrement poser la caisse remplie d’armes. Se demandant certainement ce que je comptais faire. Je distribua aux plus jeunes leurs armes en leur faisant bien comprendre de laisser les lames dans leur fourreau sauf en cas de danger et de n’utiliser que les épées de bois pour l’entraînement. Je me sentais un peu coupable de distribuer des armes faites pour tuer à des enfants. Mais j’étouffa ce sentiment en pensant à la violence que j’avais rencontré dès mon premier jour dans ce monde. Ces enfants étaient plus en sécurité avec quelque chose pour se défendre. Et puis ils étaient tout sourire comme des enfants ayant reçu leurs cadeaux de Noël. Ils grognèrent sous le poids des boucliers, mais ils s’y habitueront au bout d’un moment.

Je passa ensuite ses armes à Eanne qui les pris avec plaisir. Elle fit tout de suite quelques mouvements avec. Je présenta les cuirasses de bronze à Gilas et Dard, en leur montrant comment les mettre. J’aida Dard à enfiler la sienne. Vu leurs expressions, c’était visible que cela était lourd pour eux. Mais eux aussi s’y habitueront. Je fis signe à tout le monde de reprendre leur entraînement. J’alla ensuite à ma place d’hier, commencer à rédiger mon manuel de premier secours dans leur langue. En jetant un œil, je vis qu’Eanne ne faisait que s’entraîner seule en supervisant de temps en temps les plus jeunes. Je l’appela pour qu’elle m’aide dans ma rédaction. Elle vint rapidement s’asseoir près de moi. Sa tête penchée vers ce que j’écrivais, me corrigeant quand nécessaire. Ses cheveux relâchaient une odeur agréable, apaisante… ah je jure que je n’avais pas d’autre objectif qu’elle m’aide à écrire un petit livret compréhensible. Mais cela ne m’empêchait pas de profiter du moment. N’est-ce pas? Hum comment ça j’aurai pu demander à Dard vu qu’il aurait été plus logique que ce soit lui qui m’aide, vu son bras cassé. Je ne crois pas que changer de professeur en cours de route soit efficace, c’est évident non?.. Je ressentis un frisson dans le dos, Gilas me regardait d’un air glacial. Hoho je vais rien lui faire à ton amie tu sais? Elle m’aide juste, vraiment rien de plus. Pas comme si un vieux comme moi l’intéresserait de toute façon, j’ai presque 5 ans de plus qu’elle… juste pas moyen.

 

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