William L'épopée

Chapitre 11

Chapitre 11: Repas… Banquet?

On arriva à l’entrée du pavillon. Je regarda Eanne et Guro, ils étaient nerveux. Je souris pour les rassurer… Ah j’ai encore mon heaume… Hum! Hum! Je l’enleva et le passa à Guro, fit de même avec mes gantelets. Puis je souris pour les rassurer. Eanne se calma et redressa les épaules. Guro se concentra sur ce qu’il portait. Un de deux gardes postés devant l’entrée écarta le pan de toile servant de porte et nous fit signe d’avancer. Je passa devant le soldat qui nous avait servi de ‘guide’, et pénétra dans le pavillon, suivit rapidement par Eanne et Guro. Je vis alors des tables arrangées en U, l’extrémité ouverte face à l’entrée. Il y avait environ une quinzaine de personnes, deux étaient déjà assises discutant entre elles, tandis que chacune avait deux soldats postés derrière elle. Ah je vois ce qu’il entend par ‘aides’ je pense. Il va sans dire que je ne connaissais aucun de ces deux-là. Trois personnes discutaient au centre du U formé par les tables. Je reconnus le Commandant Dol, et le jeune Lord, la 3e personne m’était inconnue. Près d’eux étaient postés 6 soldats. Je stoppa hésitant quant à ce que je devais faire. Hum… Je suppose que je dois aller saluer l’hôte. Je me dirigea vers le jeune Lord. D’ailleurs je l’appelle jeune Lord mais on pourrait dire ‘prince’ non? Ouai je suppose que ça revient au même, vu qu’il a appelé une fille d’un Lord ‘princesse’. Conservons le ‘jeune Lord’ pour l’instant.

Le groupe m’aperçut, et l’hôte des lieux me fit signe d’avancer. La personne inconnue s’excusa et partit rejoindre les deux invités assis. Commandant Dol resta.

« Bonsoir Messire Malas, merci d’être venu. » Salua le jeune Lord.

« Bonsoir jeune Lord Garac, c’est un honneur. » Répondis-je poliment. J’avoue que je ne sais pas vraiment comment m’adresser aux nobles, ‘l’étiquette’ était pour moi une grande inconnue.

« Vous connaissez déjà le Commandant Dol. Vous l’avez beaucoup impressionné vous savez? Notamment de la façon dont vous avez son frère. Le Commandant de ma garde personnelle n’est pas une personne facile pourtant. » Dit-il en taquinant la dite personne. Personne qui sourit un peu gênée.

« Messire Malas, vous avez rendu un grand service à mon frère, je vous en remercie. » Fit le Commandant Dol souriant en me tendant sa main, que je serra.

« Et pas que votre frère. D’ailleurs j’envisage de le promouvoir dans ma cavalerie personnelle avec les survivants de l’attaque des mercenaires. »

« Il sera heureux de l’entendre. » Répondit-il les yeux brillants de fierté. Je suppose que c’était une position recherchée.

« Ces étriers seront très vite rendu un équipement obligatoire pour monter à cheval, au même titre que la selle. C’est un grand service pour notre cavalerie. » Continua le jeune Lord, il fit ensuite un sourire et dit: »Et je parie que vous avez de nombreux tours dans la manche. »

Un petit *gasp* se fit alors entendre de derrière moi.

« Ah vu comment la demoiselle a réagit j’ai tapé dans le mille. Mais je me demande ce qu’elle sait. »

« Ah ah ah. » Riais-je. « Effectivement, enfin pour l’instant je n’ai fait qu’écrire un petit traité de médecine encore au stade d’approfondissement, et un traité sur la stratégie. D’après les souvenirs qu’il me reste. Elle m’aide à corriger les fautes que je fais encore après avoir appris votre écriture. Et à vérifier que ce soit compréhensible. » Expliquais-je, en faisant un sourire à Eanne.

« Oh? Je serais très curieux de voir le résultat final. Et je suis sûr que Dol aussi. Si vous n’y voyez pas d’inconvénient évidemment. » Dit-il très intéressé.

« Il n’y aura aucun problème. Après tout je rédige ces textes pour enseigner leur contenu à mes subordonnés. »

« Parfait! Oh au fait Dol, n’oubliez pas de me donner l’argent que vous avez parié. Comme je l’avais prévu il a amené la jeune demoiselle et non le garçon bien bâti ou même celui avec le bras cassé. »

« Arf, oui j’ai perdu le pari. J’étais sûr qu’il allait au moins emmener un des plus vieux garçons. »

« Eh eh, j’ai du flair pour ces choses-là. »

« Il est normal que je prenne avec moi Eanne, après tout elle me sert plus ou moins de bras droit, actuellement. » Informais-je.

« Oh vous ne cessez de me surprendre vous savez? Ah laissez moi vous introduire à mes autres officiers, ils sont tous arrivés. »

Pendant notre discussion tout le monde avait pris place sur son siège. Il me pris alors par le bras et fit les présentations avec tout le monde. Dès 8 personnes présentées je ne retins que le nom du Commandant de la cavalerie personnelle du jeune Lord, Duro Enal, le reste se mélangea dans ma mémoire. Durant le repas je fus placé à la droite du jeune Lord, avec à ma droite le Commandant Dol. Eanne et Guro se positionnèrent derrière moi comme les autres aides. Ils attirèrent un peu la curiosité des personnes assemblées.

« Ah ma femme est absente ce soir, elle s’occupe du petit. Veuillez l’excuser. » Dit le jeune Lord Garac à l’assemblée. « Profitez du repas! »

Plutôt qu’un repas j’appellerais cela un festin. Sur les tables se trouvaient des faisan, daim, un sanglier ou cochon, beaucoup de viandes variées, des pains de toutes sortes, les légumes n’étaient pas oubliés il y avait un peu de tout, ah et sans oublier les différentes sauces. Largement de quoi faire exploser la panse de toutes les personnes présentes. Cela me rappelait les nombreuses scènes de festins vu dans les films. Bien qu’à une échelle plus petite, vu qu’il n’y avait que 11 personnes profitant du repas. Et puis on était tout de même sur la route… Je trouvais tout de même cela un peu trop ‘cliché’. Genre les gradés mangeaient luxueusement, et les troupes mangeaient des rations de campagne.

Durant le repas j’en appris un peu plus sur les Dataruans, une genre d’ethnie, qui comprenait de nombreux clans, royaumes, empires avec des fois un mode de vie totalement différent les uns par rapport aux autres. Ils s’étaient toujours affrontés jusqu’à récemment. Ils avaient été progressivement unis, unification qui pris le règne de 3 empereurs différents avant d’être finalisée. Il y eut aussi une discussion à propos des Républiques Marchandes. Elles fournissaient de nombreux biens, allant des chevaux, en passant par les armes, puis différents types de nourritures, des épices, bref tout ce qui pouvait s’acheter et se vendre. Elles commerçaient avec tout le continent et étaient totalement neutres. Elles possédaient une puissante armée unifiée ainsi qu’une très nombreuse flotte, ce qui leur permettaient de conserver leur politique de neutralité. J’étais assez étonné qu’un assemble de nations aient réussi à mener une politique commune aussi bien économique que militaire. Et après m’être renseigné, les républiques marchandes sont ainsi depuis plusieurs siècles, presque plus d’un millénaire, sans aucun conflit majeur. Franchement j’étais un peu choqué.

Durant le repas je me fis une obligation à prendre un peu de tout. Je ne voulais pas les vexer, ou donner une mauvaise impression. La viande était fondante et savoureuse, cela changeait totalement de la viande séchée ou salée que je mangeais depuis mon arrivé. C’était aussi très gras. Heureusement que je n’avais pas à manger avec les doigts, il y avait la présence de couverts. Ils étaient en fer au passage, et non en or ou argent, je suppose qu’il y a une limite au luxe possible durant un voyage. Globalement le repas était parfait, bien que trop fourni. Si je devais comparer par rapport à la Terre, certes il n’y avait pas beaucoup de variétés et certains légumes étaient de conserves, en vinaigre ou autre, mais curieusement le goût était plus prononcé, plus riche, moins fade. C’était difficile à expliquer. C’est comme si les produits sur Terre avaient été aseptisé. Je crois?

J’en appris aussi plus durant le repas sur la société d’Arnua. Tout d’abord avoir un nom de famille était signe d’être noble, ou d’avoir servi, ou un ancêtre, dans les corps d’infanterie lourde ou de cavalerie de l’armée royale. Pour résumer avoir un nom de famille était signe de richesse et/ou de noblesse, le pass automatique pour intégrer ces corps, ou alors d’excellence militaire. Il n’était pas rare d’avoir des nobles ou riches ayant plusieurs noms de familles, celui de la mère et du père. Mais généralement seul le nom du père était utilisé dans la vie de tous les jours. Du coup la plupart des officiers aussi bien des armées privées, voir même surtout de ces armées privées, et de l’armée royale étaient des nobles. Ces nobles étaient les vassaux de plus grand nobles, ou la ‘basse’ noblesse, ou des fils n’ayant pas le droit à l’héritage de leur père. Globalement la chaîne de commandement était bondée de nobles. Cela ne devait pas être facile pour les gens du commun ayant réussis à grimper les échelons…

J’appris au fil de la discussion que le père du Commandant Dol était un simple roturier ayant fait quelques actions d’éclats l’ayant amené à recevoir une position élevée. Ces fils suivirent ensuite sa voie dans l’armée. Leur famille n’était pas riche, malgré le fait que leur père avait grimpé jusqu’au rang de Colonel. Le vin permettait aux langues de ce délier, personnellement je ne bus qu’un verre, laissant le deuxième à moitié vide. Enfin quand je dis verre, c’était plutôt des coupes métalliques, en cuivre. Un fait curieux à noter dans l’armée royale, que j’ai eu du mal à appréhender l’intérêt. Le grade de ‘Commandant’ donne ‘l’autorisation’ de diriger jusqu’à 1000 hommes dans son unité, le grade donnant ‘l’autorisation’ de mener 100 hommes était ‘Capitaine’. Hors le Commandant Dol commande 100 hommes… En fait c’est une question de budget plutôt que de grade. Le grade donne le nombre maximum de troupes qu’on peut enrôler, le budget attribué donne le nombre possible de troupes qu’on peut enrôler sans taper dans cassette personnelle. Ainsi quand Dol est un Commandant de 100 hommes d’infanterie lourde, cela veut dire qu’il reçoit annuellement le budget évalué pour équiper, entretenir, nourrir, loger et payer 100 hommes d’infanterie lourde. Mais il peut tout avait recruter 900 hommes de plus s’il a les moyens. Ainsi il n’était pas rare que certains officiers de familles riches aient sous leurs ordres plus d’hommes que leur budget afin de plus facilement accroître le prestige qu’ils peuvent gagner pour eux et leurs familles durant les guerres. Comme il n’était pas rare que certains piochent dans le-dit budget pour se remplir les poches. Dans les armées privées des grandes maisons nobles cela n’existait pas. Certains nobles plutôt que former à la base leurs troupes, préféraient recruter des troupes mercenaires. Souvent moins coûteuses, vu qu’elles étaient déjà équipées et ne demandaient que salaires et primes. Mercenaire était un métier où on était sûr d’avoir de l’emploi… L’ennui avec eux étaient qu’ils n’avaient pas vraiment de morale ou de loyauté envers leurs employeurs, ils étaient capables du pire.

Comme j’étais curieux de savoir comment les terres étaient gérées, je profita de l’ambiance pour me renseigner. Le jeune Lord/Prince, vu qu’il semble que ce soit bien une monarchie mais où le terme Lord est aussi utilisé que Roi, m’expliqua qu’il y avait plusieurs titres de noblesse, Duc, Marquis, Comte, Vicomte, Baron. La répartition des terres étaient d’environ 40% à la royauté, et 60% aux divers nobles. Les terres de la royauté comprenait la capitale, les terres autour de la capitale, et une bonne partie du sud-est jusqu’à l’immense montagne isolée, par ailleurs appelée ‘La Solitaire’, où se situait la majorité des mines. Les Ducs, au nombre de 3, possédaient chacun une grande ville un peu plus petite que la capitale, ainsi que d’autres petites villes et leurs territoires environnants. Globalement Marquis, 5, Comte, 10, Vicomte, 4, possédaient eux aussi plusieurs villes et villages. Les Barons, une trentaine, possédaient plusieurs villages ou une ville, ils étaient considérés comme la petite noblesse. Oh par ailleurs la population d’Arnua était estimée à entre 10 et 14 millions d’habitants. Franchement une grosse fourchette, mais vu l’ère actuelle, ce n’est pas étonnant. Je n’avais aucune idée si cela faisait beaucoup ou non de nobles pour un territoire de cet envergure. Mais en tout cas la royauté semble avoir réussi à conserver une bonne partie du pouvoir, notamment en contrôlant la majorité des mines d’or, argent, cuivre, fer, et charbon. Il n’y a pas de mines d’étain sur ‘La Solitaire’, le Commandant Dol s’était beaucoup lamenté à ce sujet. Ils devaient importer l’étain, importation coûteuse qui expliquait le prix élevé du bronze. Personnellement je trouvais cela déjà assez incroyable d’avoir autant de ressources minières sur une seule montagne…. Ce ne fut que tard dans la soirée que le ‘repas’ prit fin.

Le lendemain à l’aube, après avoir finit de remballer nos affaires nous nous mirent en route. Il était prévu que ce soir que nous atteindrons une ville. Une des villes frontières, du nom de Vacluf, où nous pourrons stationner, il semble qu’il y ait assez de place dans les casernements… Enfin je compte plutôt prendre des chambres d’auberge pour mes compagnons et moi. Elles seront forcément plus confortables, et plus agréables pour les filles. Sur la route d’après le Commandant Dol nous croiserons plusieurs petits villages avant de traverser une ligne de falaises via l’étroit passage creusé par la rivière. J’avoue ne pas trop visualiser ce qu’il entendait par ‘ligne de falaises’. Je constaterais à ce moment là.

Je profita de la marche pour constater les progressions de chacun. Ils étaient assez loin d’être d’un niveau correct, en même temps en quelques jours d’entraînement…. Mais j’étais sincèrement surpris à quelle vitesses ils s’étaient améliorées. Ils semblaient tous extrêmement motivés. Aussi bien les plus vieux que les plus jeunes. Tellement que cela me donna un léger frisson. Au niveau de monter à cheval ils étaient devenus passables, tous autant qu’ils étaient, Dard avait juste un peu de difficulté avec son bras cassé. Ils semblaient s’investir complètement à l’entraînement dans le maniement de leurs armes. Eanne et Gilas s’éloignaient pour échanger des coups à cheval, puis nous rattrapaient puis recommençaient après quelques remarques de ma part. De même les plus jeunes s’échangeaient des coups tout en marchant. Puis une fois trop fatigués ils faisaient une pause dans le chariot pour revoir mes manuels. Une effrayante motivation, par contre il y avait un truc qui me chiffonnait. Je profita d’une pause dans la confrontation entre Eanne et Gilas pour avoir la solution.

« C’est courant que les jeunes sachent lire et écrire ici? Je suis assez surpris que vous maîtrisiez tous cette compétence. » M’adressais-je à Eanne, d’un ton interrogateur.

« Ah! Je ne sais pas pour les autres villages, mais chez nous mon père enseignait une fois la semaine à tous les villageois et leurs enfants. Il disait que c’était primordial de savoir lire et écrire dans la société. Au début les gens n’étaient pas vraiment convaincus mais à la fin tout le monde suivait ses séances. Après tout mon père savait de quoi il parlait avec tous ses voyages. Résultat la plupart des gens dans le village savent lire et écrire, même une partie des jeunes. » Répondit-elle.

« Oh d’accord. »

Cela résolvait le petit mystère. Je suppose que finalement c’était peu courant parmi les gens du commun de lire et écrire.

 

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